Dirigée par Bédélia Lunatis et Croxilya CRYSTALBRAND, l'académie du BDCC prospère sur sa gigantesque île privative, coupée du monde.
 

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LORE

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MessageSujet: LORE  Mar 31 Oct - 12:31

B - Chapitre 1 : Drôle d’amour maternel


Le soleil doit être rouge, à cette heure, hors de cette grosse coquille de pierre dans laquelle la couronne nous a enfermé, nous, les Xerps. Je laissais ma main invariablement blanche sur la vitre presque opaque, me demandant encore ce qu’elle voulait dire. Sauver Béa ? Au détriment d’Aryus ? Je jetais un regard qui se voulait triste à cette lourde porte qui me séparait du salon. Il jouait avec elle, juste là, sans savoir ce qui avait amené son jeune frère à Inferna. C’est ridicule ! Tuer l’homme qu’elle aime… quel père forcerait son enfant à une telle horreur ? Aucun, à mon sens. Pourtant, mon instinct me disait qu’elle ne mentait pas. Même Yslarth était d’accord avec ça… ma précieuse femme… et s’ils la trouvent, après ça ? Que lui feront-ils ? Je ne peux l’imaginer.

Soudain, j’entendis le son froid du portail qui s’ouvrait, dehors. A travers la porte, le son de la voix de la pauvre petite me parvint :


« C’est maman ! Hein, dis, c’est maman ? »

Je l’imaginais sourire, sautiller dans les bras de son père. Ce doit être aujourd’hui… je devrais noter ça, sans doute. Mais je n’ai finalement pas eu le temps de tout faire. Je me hâte vers l’étage et frappe le mur de papier, en haut de l’escalier. J’entends la porte d’entrée se briser. Grand frère… je suis tellement désolé… je t’aime, j’espère que tu le sais.

Attrapant le sac et le jetant à toute vitesse sur mon épaule, je descends les marches quatre à quatre. Je traverse la cuisine et arrive au salon. Elle est là, grande, majestueuse. Sa robe grise s’évasait jusqu’à ses pieds, laissant ensuite se débattre une bonne centaine de jupons magnifiques, brillants, verts, bleus et noirs. Sa ceinture vert brillant se tâchait progressivement de son sang. Elle l’enlaçait comme elle devait le faire toutes les autres fois. Je restais immobile un moment devant ses yeux rouges ouverts, devant ce monstrueux regard de vampire.

Béa cria, de toute ses forces, de tous ses petits poumons. Elle était assise, maintenue par ses mains comme si on venait de la pousser en arrière. Elle pleurait sans sembler réaliser. Elle voyait son père, crispé, incapable de se défendre face à celle qu’il aime de tout son cœur, mourir simplement. Mon frère. Je ramenais une main à ma bouche alors qu’il devenait gris. Elle laissa balancer le corps en arrière et son regard se vissa au corps pétrifié de sa fille. Non.

Je me jetais sur la petite, agrippant son bras, la tirant vers l’arrière. Brei’ tenta un assaut que je renvoyais d’un coup de pied dans ses reins. Elle recula de quelque pas, sûrement maîtresse d’elle-même. Une larme démoniaquement froide se glaçait sur sa joue. Je suis tellement désolé que vous soyez forcées de vivre cela… Je regardais une dernière fois son regard doux qui se décomposait, qui se durcissait pour redevenir ce monstre qu’on attendait qu’elle soit.

Sa figure gravée dans mon cœur, j’attrapais à nouveau la main de la petite pour commencer la course. Elle pleurait et peinait à suivre mon rythme. Elle était sous le choc et tout cela était parfaitement compréhensible. Mais si je garde une vitesse si basse, je ne donne pas cher de notre peau. Merde ! Comment je suis sensé sortir de leurs défenses parfaites ? Arrivant dans la chambre qu’on m’avait confié, je nous claustrais en poussant une armoire contre la porte. Je shootais ensuite dans un morceau précis de sol qui se brisa, laissant entrevoir un tunnel à l’apparence plus que douteuse.


« Plonge ! Bouge-toi ! »

Elle ne bougeait pas, tenant sa tête ronde, ses doigts pâles, d’un blanc éclatant, emmêlés dans ses épais cheveux noirs. Ses pupilles devenaient de plus en plus petite. Je vais la perdre. Merde ! Mais je peux pas tout faire en même temps ! Sa mère arrivait bientôt, j’entendais ses pas. Pas le choix… Désolé ma p’tite, tu m’pardonneras plus tard, quand t’s’ras encore en vie.

Je l’attrapais sous ses deux aisselles, la laissant tomber dans le tunnel alors qu’elle se débattait. C’est là que l’armorie tomba. Je croisais mes bras, arrêtant sa course quand une force surhumaine la repoussa encore. Je tombais, à terre, retenant toujours la masse de pierre. Oh et puis merde ! Là, elle peut pas vraiment l’atteindre.


« Cours ! Putain cours gamine ! J’arrive ! »

Je suis sûre qu’elle bouge pas, mais c’est mieux s’ils croient qu’elle est loin. Il est temps que je réveil le super héros qui se cache en moi. D’une impulsion, je renvoyais le pavé dans l’autre sens, entendant la plainte royale de celle qui aurait dû être ma belle-sœur. Je serais incapable d’attenter à son immortalité dans l’immédiat, mais je dois en profiter pour la ralentir. D’un bond, j’arrivais devant le tas de bois qui la recouvrait. Elle tremblait, s’apprêtant à se relever. J’attrapais sa triste blouse noire et la soulevais de sorte à que ses pieds ne touchent plus le sol.

« Tu toucheras plus à un seul cheveu de ma famille, le monstre. »

Je lançais le corps comme s’il n’était qu’un jouet. Elle atteignit les escaliers qu’elle dévala. Je fis demi-tour, plongeant dans le trou. En-bas, je m’installais optimalement à croupis, attrapant le bras de ma jolie nièce.

« On a pas le temps de pleurer Béa ! On doit sortir de là ! »

Je commençais à marcher, l’entendant me suivre avec ses souliers roses. Je suis tellement désolé pour toi, ma petite princesse. Ta vie aurait dû être un compte de fée, au château, avec maman et papa. Tu aurais dû être la petite fille la plus heureuse du monde. Tu es si gentille, je t’en supplie, ne succombe pas à la peine. Tu as les cheveux de la famille royale, je le sais, ne deviens pas terne comme ton père, ne brille pas que par ta peau. Je te promets qu’un jour cette vie et plein d’autre t’appartiendront. Je t’en supplie, bas-toi encore, jusqu’au bout. Je t’aime tellement, ma petite princesse…

Références utiles :

Les Xerps ; Les Vampires ; Les Sang-Mêlés ; Le Laïta'Rayive


Dernière édition par Bédélia le Lun 27 Nov - 23:13, édité 1 fois
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Croxilya CRYSTALBRANDEn recherche
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MessageSujet: Re: LORE  Lun 27 Nov - 1:34

D - Chapitre 1 : Titre


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MessageSujet: Re: LORE  Lun 27 Nov - 1:38

C - Chapitre 1 : Bienvenu parmi les vivants


Le soleil s’alluma lentement, glissant sur l’horizon comme s’il s’agissait d’une grosse limace ardente. Couché sur le mur du quartier, je le regardais dévaler la ville comme si elle ne faisait que quelques mètres. Y a-t-il autre chose à faire ici, que regarder le soleil en attendant ses vingt ans ? La chaleur est toujours constante, l’humidité ne bouge pas, la luminosité est artificiellement maintenue. Ce doit être ce que les humains appellent « le paradis ». Il ressemble à cela, dans les livres : une terre invariablement accueillante. Mais, dans les livres, il n’y a pas tant de morts… Je ne sais même pas qui je suis sensé suivre, puisque personne ne m’a encore reconnu… serais-je une anomalie ? Serais-je un affiliant, plus tard ? Serais-je simplement un affilié ? Vais-je avoir l’honneur d’entrer dans un humain.

« Hey ! Toi ! »

Un garde aboyait au pied du mur. Avant quinze ans, c’est interdit de monter sur les murs ou de sortir du quartier. Je le sais bien, mais je n’aime pas beaucoup les règles et celle-ci en particulier. Lui jetant un regard mauvais -de ceux qu’ils qualifient d’infantile-, je lui aboyais en retour :

« Un problème, gros perdant ? »

Je soutins son regard de rage, j’appréciais la vue de ses poings se resserrant. Je ne connais pas mon type, ni le moindre de mes pouvoirs. Mais moi, je n’ai pas échoué plus de cinq fois le même examen, tel qu’il avait dû le faire pour se voir affublé de cet uniforme dégelasse. Il se projeta à l’aide de courants puissants de peinture. Merde ! C’est un paint !

Je me relevais et courut, bondissant sur le mur voisin. Une vague d’adrénaline me balaya : je n’avais jamais dépassé les limites de mon quartier. Voyant qu’il me visait, je bondis dans le quartier voisin, tombant sur une pile de déchet emballés dans des sachets blancs. Je roulais et me relevais, glissant dans le voyageur. Merde ! Il n’y a pas de wagon !


« Je vais t’attraper, vermine ! »

Perds pas ton courage, tu vas y arriver ! Soudain, je sentis un gouffre immense s’ouvrir en moi et je ne pus m’empêcher de rétorquer, une boule de rage déchirant ma gorge :

« Vermine c’est toi ! Moi, c’est Carlamérill, sale merde ! »

C’est là que mon destin se scella, je crois. J’en ai entendu parler, dans les histoires d’horreur. Je sentais mes omoplates se fendre, laissant ressortir ma vraie nature. Enivré, je me réjouissais de cette brûlure douce dans mes yeux. Tout commençait à se teinter de noir, et je voyais mes membres changer. Ma peau se brûlait elle-même, mes veines ressortaient et pour une fois je me sentais vraiment moi. J’imaginais très bien les ailes qui se débattait dans l’étroit couloir, douloureuses. Aussi, je me hâtais de sortir, soucieux de découvrir le vrai monde, hors de leurs cages. Je veux être brûlé par le soleil ! Quitte à mourir, je veux que le vent m’écrase, que mon sang se glace à la température extérieure. Peut importe ce qui peut se passer, je veux simplement sortir d’ici !

Je commençais à voir la lumière et tentais de m’envoler, mais rien ne se passa. Et là, alors que je croyais qu’ils allaient m’avoir et me tuer, une petite créature arborant un tatouage étrange et mauve sur l’épaule droite bondit devant moi. Elle avait un pull noir laissant ses épaules dégagées, décoré de sangles de cuir. Tout son corps était crispé mais elle ne semblait pas anxieuse. Elle était maîtresse d’elle-même. D’un coup sec, elle tira une substance gluante depuis un canon, puis fit un saut majestueux, tournoyant dans les airs pour arriver derrière moi. Elle tourna sur elle-même, faisant voltiger la traine attachée à sa ceinture de cuir. Au fur et à mesure qu’elle achevait des tours, des sceaux rosés apparaissaient dans les airs. Soudain, il chargea vers moi et je quittais la demoiselle des yeux. D’instinct, mes ailes se refermaient sur moi, m’empêchant de voir quoi que ce soit.

Il y eut une détonation.

Je sentis une vague de chaleur que le régulateur mit plusieurs minutes à endiguer et, lentement, les lambeaux de peau qui obstruaient ma vision se relâchaient, revenant parer mon dos. La jeune fille était revenue devant moi, un autre pistolet en main. Elle tira dans la tête du garde qui s’envoler comme un milieu de pétales bleues.


« Bienvenu parmi les vivants. »

Elle n’avait quitté le corps qui se mouraient, se cristallisant quelque part sans que personne ne puisse le voir. Les cheveux de la belle, bleus comme la lune des contes étrangers, restaient si immobiles désormais qu’il semblait que les forces déployées un instant plus tôt avaient toutes disparues. Elle attrapa un pétale entre ses doigts et je ne su que dire, hypnotisé par son visage froid.

Références utiles :

Les Spirits's
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